Fin septembre 2026, le taux immobilier tourne autour de 3,4 % sur 20 ans et la hausse s’installe après plusieurs mois de stabilité. Faut-il signer avant une nouvelle remontée ou attendre un éventuel reflux ? La réponse dépend surtout de votre budget, du prix négocié et de la solidité de votre dossier.
En bref
- CAFPI a obtenu en moyenne 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et 3,53 % sur 25 ans au 29 septembre 2026, hors assurance.
- L’OAT à 10 ans a atteint 4,43 % le 10 septembre, ce qui entretient la pression sur le financement bancaire.
- Certains courtiers envisagent un taux moyen compris entre 3,7 % et 4 % sur 20 ans d’ici la fin de l’année, mais ce scénario reste une hypothèse.
- Acheter peut se défendre si le bien est au juste prix et si la mensualité reste confortable. Attendre a du sens lorsque le financement est déjà trop tendu.
Données disponibles au 29 septembre 2026. Les taux indiqués sont hors assurance, sauf mention contraire.
Les taux repartent à la hausse après l’accalmie de l’été #
Le baromètre CAFPI actualisé au 29 septembre 2026 indique des taux moyens obtenus par ses clients de 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et 3,53 % sur 25 ans, hors assurance. Les meilleurs profils ont négocié 3,10 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans.
Attention, ces chiffres ne se comparent pas directement à tous les baromètres. Meilleurtaux relevait le 2 septembre des barèmes bancaires de 3,28 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans. Il s’agissait de conditions communiquées par les banques, pas de taux moyens effectivement obtenus par les emprunteurs.
| Durée | Taux moyens obtenus par les clients CAFPI 29/09/2026 |
Barèmes bancaires Meilleurtaux 02/09/2026 |
Nature de la donnée |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 3,23 % | 3,28 % | CAFPI : opérations obtenues Meilleurtaux : barème bancaire |
| 20 ans | 3,43 % | 3,40 % | CAFPI : opérations obtenues Meilleurtaux : barème bancaire |
| 25 ans | 3,53 % | 3,60 % | CAFPI : opérations obtenues Meilleurtaux : barème bancaire |
Le baromètre Meilleurtaux mis à jour le 28 septembre affichait, dans la catégorie « bon taux », 3,58 % sur 15 ans, 3,64 % sur 20 ans et 3,73 % sur 25 ans, hors assurance. Les écarts viennent du profil étudié, de la date et de la méthode. Votre proposition bancaire ne sera donc pas la copie exacte d’une moyenne nationale.
Octobre 2026 : jusqu’où la remontée peut-elle aller ? #
Le scénario d’une nouvelle hausse circule chez les courtiers. Selon Guillaume Fourt, de Meilleurtaux, les taux pourraient progresser de 30 à 50 points de base d’ici la fin de l’année. Sur 20 ans, cela placerait les moyennes entre 3,7 % et 4 %.
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Le dirigeant de Pretto juge lui aussi crédible l’hypothèse d’un taux à 4 %, tout en précisant qu’elle n’a rien d’une fatalité. Cette nuance compte. Une prévision dépend de l’inflation, des marchés obligataires, des décisions de la BCE et du contexte international. Elle ne vaut pas promesse.
La BCE a relevé ses taux : quel impact sur votre prêt ? #
Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point, avec une application au 16 septembre. Le taux de dépôt est passé à 2,50 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui du prêt marginal à 2,90 %.
Ces taux influencent le prix auquel les banques obtiennent leurs liquidités à court terme. Mais ils ne fixent pas directement votre crédit immobilier. Une banque regarde aussi ses propres coûts de financement, sa marge, le risque du dossier et ses objectifs commerciaux.
L’autre indicateur surveillé est l’OAT à 10 ans. Il s’agit du taux auquel la France emprunte sur dix ans. Ce n’est pas un taux de prêt immobilier, mais il sert de repère au coût de l’argent à long terme pour les établissements financiers.
L’OAT a franchi 4 % le 23 juillet 2026, une première depuis 2009 selon CAFPI. Elle a dépassé 4,10 % à la mi-août, puis atteint 4,43 % le 10 septembre selon les données de l’Agence France Trésor citées par Pretto. Une telle progression pousse les banques à revoir leurs conditions de financement, parfois avec un décalage de plusieurs semaines.
Acheter maintenant ou attendre ? La réponse dépend surtout de votre situation #
Acheter maintenant peut être cohérent si vous avez trouvé le bon logement, si vos revenus sont stables et si la mensualité ne vous prive pas de toute marge. Un projet conservé pendant dix ou quinze ans supporte mieux une variation de taux qu’un achat revendu rapidement.
Le primo-accédant avec peu d’apport doit toutefois rester prudent. Si le financement passe uniquement grâce à une mensualité maximale et à l’hypothèse d’une future renégociation, le projet est trop fragile. Il faut aussi intégrer les frais de notaire, les travaux, les charges de copropriété et la taxe foncière — sans oublier le calendrier fiscal du ménage, comme le prélèvement d’impôts de fin septembre, qui pèse sur le budget au moment où les mensualités démarrent.
L’investisseur locatif, lui, doit regarder le rendement après crédit, fiscalité, charges et vacance. Attendre quelques semaines peut se justifier s’il cherche un bien négociable et dispose d’une trésorerie solide. En revanche, patienter uniquement dans l’espoir d’une baisse des taux n’est pas une stratégie complète : les prix au m² peuvent évoluer dans l’autre sens.
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Un taux plus élevé peut-il être compensé par une négociation du prix ? #
Oui, parfois. Un bien acheté 10 000 € moins cher peut compenser une partie d’une hausse du coût du crédit, surtout avec un apport qui reste inchangé. Mais il faut comparer l’ensemble de l’opération, pas seulement le taux affiché en vitrine.
Un logement surévalué de 10 000 € ne devient pas une bonne affaire parce que le crédit est proposé à 3,2 %. Personnellement, je préfère un bien sain, négocié au prix juste, avec un taux légèrement supérieur, plutôt qu’un appartement trop cher financé avec une remise spectaculaire sur le barème.
Ce que coûte vraiment la hausse sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans #
Pour 200 000 € empruntés sur 20 ans, hors assurance, la mensualité atteint 1 153 € à 3,43 %, contre 1 135 € à 3,26 %, le taux moyen CAFPI de mars 2026. Cela représente environ 17 € supplémentaires chaque mois et environ 4 160 € d’intérêts en plus sur la durée totale du prêt.
Si le taux atteignait 3,7 % à 4 %, comme certains courtiers l’envisagent, la mensualité monterait autour de 1 181 € à 1 212 €. L’écart atteindrait alors environ 28 € à 59 € par mois par rapport au taux actuel de 3,43 %.
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Ces calculs excluent l’assurance emprunteur. Le coût réel figure dans le TAEG, qui intègre notamment les intérêts, l’assurance, les frais de dossier et la garantie.
Les profils qui obtiennent encore les meilleurs barèmes #
Les banques regardent les revenus réguliers, l’apport, la gestion des comptes, le taux d’endettement et le reste à vivre. Un dossier sans découvert récurrent, avec une épargne visible et un apport cohérent inspire davantage confiance qu’un dossier qui arrive au dernier moment, même avec un salaire correct.
CAFPI indique que ses meilleurs clients ont obtenu 3,10 % sur 20 ans fin septembre 2026. Meilleurtaux souligne par ailleurs que les écarts entre établissements peuvent dépasser 0,6 point. Voilà pourquoi une seule demande auprès de votre banque habituelle ne suffit pas toujours. Pour juger le courtier en ligne lui-même, notre avis détaillé sur Meilleurtaux, côté clients complète ces chiffres.
Faut-il bloquer son taux dès maintenant ? #
Une simulation donne une première idée. Elle ne garantit rien. L’accord de principe reste généralement conditionné à l’étude complète du dossier, tandis que l’offre de prêt intervient après validation de la banque et respecte des délais réglementaires avant acceptation.
Si le compromis est signé et que le délai de financement est court, mieux vaut lancer les démarches sans attendre. Cela ne signifie pas qu’il faut accepter la première proposition. Demandez plusieurs offres et comparez le TAEG, l’assurance, les frais de garantie et les conditions de remboursement anticipé.
Les leviers à activer avant de déposer votre dossier #
- Réduisez les crédits à la consommation lorsque leur remboursement améliore réellement votre taux d’endettement.
- Rassemblez bulletins de salaire, avis d’imposition, relevés de comptes et justificatifs d’épargne.
- Présentez un apport cohérent, sans vider toute votre épargne de sécurité.
- Interrogez plusieurs banques ou un courtier, puis négociez l’assurance emprunteur.
- Comparez le TAEG et les clauses du contrat, pas uniquement le taux nominal.
Une assurance moins chère grâce à la délégation peut parfois réduire le coût global davantage qu’une petite baisse du taux nominal. C’est le genre de détail qui passe sous le radar, alors qu’il pèse pendant vingt ans.
Prévisions des taux immobiliers : trois scénarios pour la fin 2026 #
| Scénario | Ce qui pourrait le provoquer | Conséquence probable |
|---|---|---|
| Hausse | Inflation persistante, OAT durablement élevée, politique monétaire ferme | Crédit plus cher et capacité d’emprunt réduite |
| Stabilité | Inflation mieux maîtrisée et marchés obligataires plus calmes | Meilleure visibilité pour négocier |
| Baisse | Détente de l’inflation et assouplissement monétaire | Retour possible de la concurrence entre acheteurs |
Une prévision de taux n’est jamais une certitude. Une décision de la BCE, un choc énergétique ou une tension géopolitique peut modifier rapidement le scénario.
Le verdict pour octobre 2026 : acheter par nécessité, attendre par stratégie #
Mon avis est simple : achetez maintenant si le bien vous convient vraiment, si le prix est défendable et si votre budget reste confortable même avec une petite remontée. Attendre peut être rationnel lorsque le financement est déjà au plafond, que l’apport doit grossir ou que le logement paraît trop cher.
Un crédit peut se renégocier si les taux baissent. Les courtiers citent souvent un écart d’environ 0,7 à 1 point avec le taux d’origine pour que l’opération mérite une étude, mais les frais, le capital restant dû et la durée restante changent tout.
Ne signez donc pas en comptant sur une renégociation future. Faites en sorte que le prêt reste supportable dès aujourd’hui, puis comparez les conditions avec méthode. Le bon moment n’est pas une date sur le calendrier : c’est celui où le prix du bien et votre situation financière cessent de se battre l’un contre l’autre.
FAQ #
Les taux vont-ils encore monter ?
Ils pourraient progresser si l’inflation reste élevée et si l’OAT demeure au-dessus de 4 %. Selon Meilleurtaux et Pretto, un taux proche de 4 % sur 20 ans d’ici la fin 2026 serait crédible, mais ce scénario reste conditionnel.
Puis-je renégocier mon prêt après une hausse ?
Oui, une renégociation ou un rachat est possible si les conditions deviennent plus favorables. Il faut comparer l’écart de taux avec les frais de remboursement anticipé, la garantie et le capital restant dû.
Quel apport faut-il pour obtenir un bon taux ?
Il n’existe pas de montant universel. Un apport couvrant les frais d’acquisition, une épargne conservée après l’achat et une gestion bancaire saine renforcent le dossier. Les meilleurs taux restent réservés aux emprunteurs les plus solides.
Sources #
- CAFPI – Les taux de crédit immobilier en septembre 2026 (actualisé au 29/09/2026)
- Meilleurtaux – Les taux moyens début septembre 2026 (relevé du 02/09/2026)
- Meilleurtaux – Baromètre des taux (mise à jour du 28/09/2026)
- MoneyVox – Barèmes 15, 20 et 25 ans pour septembre 2026 (02/09/2026)
- Pretto – OAT 10 ans au-dessus de 4 % : quel impact sur les taux
- BCE – Décisions de politique monétaire du 10 septembre 2026
Les points :
- Les taux repartent à la hausse après l’accalmie de l’été
- Octobre 2026 : jusqu’où la remontée peut-elle aller ?
- La BCE a relevé ses taux : quel impact sur votre prêt ?
- Acheter maintenant ou attendre ? La réponse dépend surtout de votre situation
- Un taux plus élevé peut-il être compensé par une négociation du prix ?
- Ce que coûte vraiment la hausse sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans
- Les profils qui obtiennent encore les meilleurs barèmes
- Faut-il bloquer son taux dès maintenant ?
- Les leviers à activer avant de déposer votre dossier
- Prévisions des taux immobiliers : trois scénarios pour la fin 2026
- Le verdict pour octobre 2026 : acheter par nécessité, attendre par stratégie
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